Ces Eglises d’un genre nouveau ?

© Camille Maignien

Le courant évangélique est un vieux courant du protestantisme mais qui a vu apparaître ces dernières décennies des églises évangéliques d’ un genre nouveau, souvent ethniques car ce sont les plus nombreuses mais pas seulement. Leur accroissement a commencé dans les années 90 et n’ a pas cessé de croître. Alors quelles sont ces églises ? Qu’apportent-elles ou qu’ offrent-elles par rapport aux églises protestantes évangéliques plus classiques ou de type Luthéro-réformées (1) ? On les appelle souvent les églises du Réveil, les Assemblées de Dieu. Pour la plupart, elles relèvent du courant pentecôtiste ou néo-pentecôtiste (2), baptiste évangélique. Il y a de quoi en perdre son latin au travers de ces méandres évangéliques. On trouve de tout dans ces églises mais que reflète vraiment la réalité que ce soit en Afrique, chez nous en Europe et plus précisément en France dans la région Ile-de-France et à Liège en Belgique.

Le continent africain a toujours été une terre fertile pour la croyance en tout genre, (animisme, vaudou). Evangélisé par les européens que ce soit les Pères blancs pendant la période coloniale ou aujourd’ hui par des missionnaires évangéliques venus entre autre des Etats-Unis. Dans la culture africaine, on ne peut pas vivre sans croire, la vie à ce moment-là  perd tout son sens si on ne croit pas.  En République Démocratique du Congo, en particulier à Kinshasa, Dieu est présent à tous les coins de rue, des prédicateurs donnent la bonne parole à qui veut l’ entendre. On trouve des méga churchs, églises qui regroupent un nombre important de fidèles, plusieurs milliers parfois. La plupart de ces églises sont évangéliques de type pentecôtiste ou néo-pentecôtiste. Les pasteurs pratiquent la théorie de la prospérité qui du point de vue théologique est contestable. Cette théorie consiste à dire aux fidèles, si vous donnez beaucoup à Dieu (souvent on parle d’ argent), vous connaîtrez la prospérité matérielle, le bonheur. A Kinshasa, ces églises évangéliques sont parfois un véritable business. On trouve de tout, de vraies églises et d’ autres ont une origine plus douteuse. Il n’ est pas rare de voir un pasteur circuler dans une voiture classieuse, adulé par ses fidèles, de véritables Dieux sur terre. L’ évangile est un commerce fructueux avec chaines de télévision, radios, sites Internet. Il est mal vu celui qui ne se rend pas à l’ église le dimanche.

En région parisienne, des méga churchs sont apparues il y a quelques années mais ce phénomène est moins développé que dans certains pays d’ Afrique, d’ Amérique Latine ou aux Etats-Unis. En 2007, on dénombrait 800 communautés religieuses évangéliques issues de l’ immigration et en particulier africaine en Ile-de-France. Ces églises ont commencé à apparaître dans les années 90 et continuent à se développer aujourd’hui. Elles poussent comme des champignons, elles sont souvent formées de fidèles issus de l’ immigration pour la majorité mais pas seulement. Le culte en général est plutôt joyeux, exubérant, rempli de chants. Quelquefois on assiste à des phénomènes de transe. Il y a un mélange entre sa propre culture et la religion. Très souvent, ces communautés religieuses sont impliquées dans la société. Le pasteur joue le rôle d’ un accompagnateur social. Il aide les personnes en difficultés qu’ elles soient matérielles, morales, problèmes de papiers pour les personnes immigrées. Dans ces églises, les nouveaux arrivants trouvent un refuge, une écoute et la parole de Dieu. C’ est peut-être ces raisons en partie qui ont fait le succès de ces nouvelles églises évangéliques de type charismatique. C’est-à- dire où les louanges et l’ adoration à Dieu tiennent une place prépondérante dans le culte.

En Belgique contrairement à la France, il n’ existe pas une Fédération Protestante de France avec différentes fédérations regroupant les églises selon leur courant évangélique comme la Fédération des églises évangéliques Baptistes.  Ici, on a le Conseil Administratif du Culte Protestant évangélique (CACPE)  fondé en 2002. Il est l’ interlocuteur officiel entre les autorités publiques et les églises Protestantes. Il regroupe le Synode de l’ église Protestante Unie de Belgique (EPUB) et le Synode Fédéral (SF) créé en 1998. Ce conseil a une présidence à deux têtes. A côté, il existe de nombreuses églises évangéliques indépendantes dont certaines font partie de la Concertation des églises évangéliques, d’ un des 2 Synodes et d’ autres sont totalement indépendantes. Les églises Baptistes évangéliques sont dans le Synode (EPUB), la Nouvelle Jérusalem qui est la plus grande communauté sur Liège et l’ église du Réveil sont dans le Synode Fédéral.

Selon le pasteur Egbert Egberts de l’ église Protestante évangélique de Liège, ces nouvelles églises évangéliques et en particulier «ethniques» sont un épiphénomène: « Le flux migratoire est une des raisons de leur développement par l’ accroissement de la population étrangère. Comme ça a été le cas en Europe avec les églises d’ immigrés, à  l’ époque comme les Italiens, les Polonais, les Arméniens… Je ne suis pas sûre que cela aura une durabilité dans le temps. Je le vois au sein de ma propre communauté qui est une église ethnique classique où les jeunes des nouvelles générations n’ ont pas forcément la foi et je pense qu’ ils ne resteront pas au sein de l’ église si il n’ y a pas un engagement de leur part. Si le coeur n’ est pas touché, on reste religieux mais on ne devient pas chrétien.», explique-t-il. Pour ce pasteur, il s’agit plus d’ un phénomène culturel où les fidèles d’ un même pays ont envie de se retrouver dans une église. Les cultes sont plus joyeux, plus vivant moins classiques que dans d’ autres églises évangéliques. Il y a une large part laissé aux chants et à la louange, la culture se mêle à la religion.

Le pasteur Egbert ne cache pas que certaines églises sur Liège sont douteuses. Il y a des pasteurs auto proclamés et il existe une pression sur les fidèles pour donner de l’ argent au pasteur même si on n’ en a pas. Il n’ y a aucun contrôle puisque ces églises sont indépendantes et veulent le rester. Sur le plan de la doctrine officielle, on pratique le parler en langues (3) qui pour lui est un non sens biblique, la guérison qui est proche de l’escroquerie. Dans certains cultes d’ églises évangéliques, le pasteur guérit des fidèles atteints de diverses maladies grâce à l’ Esprit Saint. Il s’ agit de miracles mais en fait c’ est plus proche de l’ escroquerie, du spectacle que de véritables guérisons. On rencontre souvent des problèmes d’argent. Il y a une église sur Liège qui a la pratique de l’ enveloppe c’est-à-dire que chaque fidèle donne 10% de ses revenus en mettant son nom sur l’enveloppe. Il ne faut pas se voiler la face, de telles pratiques existent mais elles restent tout de même minoritaires. En général, ce type d’ églises qui n’ en sont pas ne durent pas à part quelques exceptions.

Le pasteur Egbert a une toute autre conception de la foi chrétienne et il se refuse à  être anti mais il serait plutôt prêt au dialogue avec ces nouvelles églises évangéliques. Tout comme les deux Synodes qui ont accueilli certaines églises ethniques répondant à une charte bien précise. Un des objectifs des deux Synodes est de mettre de l’ ordre car selon ce pasteur, ils ont une responsabilité vis à vis des autorités notamment au niveau des problèmes financiers rencontrés dans certaines églises.

Sur Liège et sa province, on recense 61 églises protestantes évangéliques toutes sensibilités confondues. On n’ a pas de chiffres exacts concernant les toutes nouvelles églises évangéliques et en particulier les églises «ethniques» qui se sont beaucoup développées car elles sont en majorité indépendantes, (source du CACPE).

Dimanche, à la sortie du culte de l’ église Protestante évangélique de Liège, Marie-Madeleine d’ origine congolaise, arrivée en Belgique en 1986 est une fidèle depuis 2002. Avant de venir ici, elle allait dans d’ autres églises : «Ce n’ est pas parce que je vois quelqu’un de mon pays que je vais aller dans une église ethnique. Je reste là  où je suis nourrie spirituellement. Ca ne m’ a pas empêché d’ aller écouter le message de Dieu ailleurs comme dans les églises du Réveil où il y a beaucoup de louanges mais le message n’est pas le même. Ici, c’ est plus profond.», puis elle poursuit : « Avec toutes les églises qui se créent partout, tu ne sais plus qui est le véritable serviteur de Dieu. Et avec la crise, c’est devenu un véritable commerce pour certains.» Marie-Madeleine n’ est pas dupe et elle sait bien qu’ il existe malheureusement certaines églises qui n’ en ont que le nom. Mais tout comme son mari Godefroid, elle est chrétienne et elle a trouvé sa place au sein de l’ église Prostestante évangélique de Liège qui est une véritable communauté religieuse.

Pour éviter toute dérive quel qu’ elle soit, les instances religieuses protestantes reconnues ont la responsabilité de ne pas laisser ces jeunes églises dans l’ ombre et dans une totale indépendance mais favoriser le dialogue avec les plus anciennes et la formation théologique des pasteurs.

C.M.

 1- Eglises Protestantes classiques provenant de la Réforme Protestante de Luther en Allemagne au 16ème siècle.

2- Types de courants évangéliques de type charismatique où la louange, l’ adoration sont mis en avant. La théorie de la Prospérité, les miracles, le parler en langues sont des pratiques courantes au cours des cultes.

Le parler en langues ou la glossolalie (langage incompréhensible qui serait le langage de l’esprit divin. Dans certains cultes, des fidèles ou le pasteur parfois s’ expriment de cette façon, en général ils sont entrés dans une transe spirituelle.

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Histoire d’un Sandwich

© Camille Maignien

Le sandwich, qu’est-ce que de plus banal qu’un vulgaire sandwich. Vous avez dit vulgaire, non ! Un sandwich peut se révéler une expérience gustative des plus agréables. Tout le monde une fois dans sa vie, que dise maintes et maintes fois a fait l’expérience du sandwich.

Préparer un sandwich soi-même peut relever de l’art. Eh, oui, vous semblez perplexe mais c’est vrai. Quelle composition pour mon sandwich, quels aliments, quelle sauce vais-je mixer ensemble ? Oh, bien sûr, il y a le traditionnel JBC (jambon-beurre- cornichons). Mais si vous employez un beurre aux cristaux de gros sel de notre chère Bretagne, là  le JBC prend tout son sens. Vous pouvez même l’agrémenter d’une feuille de batavia ou d’une feuille de chêne verte (je parle de la salade évidemment).

Pour les plus originaux et si vous avez cette ribambelle de sauces à votre disposition. Vous pouvez vous tournez vers la Grande-Bretagne et donner une saveur british à votre sandwich. Pour ce faire, vous l’agrémenterez de la sauce Branston Original pickle ou de la sauce Salad Cream Original de chez H. ou toute autre sauce, il y en a des tas. Vous avez aussi toutes les sauces indiennes ou indonésiennes qui rendront votre sandwich des plus exotiques. Mais revenons à notre sandwich britannique composé de plusieurs morceaux de Cheddar ( mature ou non selon son goût) finement coupés accompagné d’une tranche fine de jambon fumé ou blanc selon son envie du moment parsemé de la divine sauce Branston Original. Ne pas oublier le pain, un bon pain blanc tartiné de beurre salé fera l’affaire.Tout un programme et là  le sandwich prend tout son sens, il passe du vulgaire sandwich insipide, fade sans saveurs à un maître sandwich dont on ne soupçonnait pas l’existence.

Ah ! Quelle expérience vous me direz. A partir de ce jour, vous ne regarderez plus votre sandwich de la même manière. Alors, un sandwich ordinaire peut revêtir quelquefois un habit gustatif dont votre palais s’en souviendra…

Mandy

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